Mother Mary : le drame psycho-sapphique d'A24 qui réunit Anne Hathaway et Michaela Coel

Sorti le 17 avril 2026 aux États-Unis chez A24, Mother Mary de David Lowery cristallise déjà la conversation cinéphile et queer du printemps 2026. Le drame psychologique réunit Anne Hathaway, en pop star iconique, et Michaela Coel, en costumière disparue depuis dix ans. Au cœur du film : une amitié-passion sapphique tendue, jamais nommée, jamais résolue. Pour la communauté lesbienne francophone, c'est l'un des objets cinématographiques les plus discutés de la saison.
Sommaire
- Une réunion sous tension dix ans après une rupture
- Anne Hathaway, pop star sous tension
- Michaela Coel, présence centrale et radicale
- Un casting saturé de figures queer
- Pourquoi parler de drame sapphique sans étiquette ?
- Le casting et la fiche technique
- Que disent les critiques internationales ?
- Un débat sur la chair et la métaphore
- Les chansons originales : un événement musical en soi
- Un film qui s'inscrit dans une saison sapphique chargée
- Lowery, un cinéaste familier de l'invisible
- La bande annonce
- Où voir Mother Mary et écouter sa bande originale ?
- Une saison cinéma à l'image des bouleversements culturels en cours
- Questions fréquentes sur Mother Mary
- Note de la rédaction
Une réunion sous tension dix ans après une rupture
Le scénario, écrit par David Lowery lui-même, suit Mother Mary, pop star aux ventes mondiales colossales, à la veille du concert de comeback qui doit la relancer. Sa préparation est interrompue par le retour de Sam Anselm, son ancienne meilleure amie et costumière, disparue de sa vie depuis dix ans. Les retrouvailles déterrent ce qui n'avait jamais été dit. Le récit, présenté par A24 comme un drame psychologique-thriller, déploie son intrigue sur quelques heures, dans une succession de chambres d'hôtel, de loges et de scènes vides.
Le film ne propose pas un romance lesbienne au sens classique. Il met en scène une obsession mutuelle, un manque réciproque, une intimité jamais consommée mais omniprésente. La presse spécialisée, notamment Xtra Magazine, parle d'un film qui « capte ce qu'a de dévastateur une première rupture lesbienne », même quand cette rupture n'a jamais eu de mot pour la dire.
Anne Hathaway, pop star sous tension
Pour incarner Mother Mary, Anne Hathaway interprète elle-même les sept chansons originales de la bande-son, signées Jack Antonoff et Charli XCX. La compositrice Daniel Hart signe la musique de film. L'album Mother Mary: Greatest Hits, publié le 17 avril 2026 chez A24 Music, accompagne la sortie du film. C'est l'une des prises de risque les plus assumées de la carrière de l'actrice, qui investit pleinement le registre pop, du clip sursignifiant à la performance scénique.
Hathaway, déjà admirée par une partie du public lesbien depuis ses rôles dans Brokeback Mountain ou Les Misérables, joue ici une figure dont la sexualité reste suspendue, ouverte, jamais cadenassée. La pop star Mother Mary aime, et ce qu'elle aime n'a pas de nom commode dans le récit.
Michaela Coel, présence centrale et radicale
Face à elle, Michaela Coel signe l'une des performances les plus attendues de l'année. Connue pour I May Destroy You (BBC/HBO, 2020) et Black Earth Rising, l'actrice et autrice britannique, qui s'identifie publiquement comme queer, apporte au rôle de Sam Anselm une densité physique rare. Son personnage est moins le miroir de Mother Mary que sa résistance.
Plusieurs critiques, dont Indiewire et Deadline, soulignent que la chimie entre Hathaway et Coel constitue le centre de gravité du film, plus encore que sa structure narrative. Lowery filme leurs visages côte à côte avec une insistance presque mariale, qui justifie le titre.
Un casting saturé de figures queer
Autour des deux protagonistes, le casting réunit Hunter Schafer (artiste trans, vue dans Euphoria), Kaia Gerber, Jessica Brown Findlay, Alba Baptista, Sian Clifford, Atheena Frizzell, Isaura Barbé-Brown et la chanteuse FKA Twigs. Cette galerie de seconds rôles, presque entièrement féminins, multiplie les visages familiers du public queer international.
| Élément clé | Donnée | Source |
|---|---|---|
| Réalisation et scénario | David Lowery | A24, IMDb 2026 |
| Sortie limitée États-Unis | 17 avril 2026 | A24, communiqué officiel |
| Sortie large États-Unis | 24 avril 2026 | A24, communiqué officiel |
| Distributeur | A24 | A24 Films |
| Durée | 1 h 56 | IMDb 2026 |
| Score Rotten Tomatoes | 67 % sur 111 critiques | Rotten Tomatoes, avril 2026 |
| Compositrice musique de film | Daniel Hart | A24 Music |
| Auteurs des chansons originales | Jack Antonoff et Charli XCX | A24 Music |
| Album bande originale | Mother Mary: Greatest Hits, 7 titres | A24 Music, 17 avril 2026 |
Pourquoi parler de drame sapphique sans étiquette ?
Le débat critique autour de Mother Mary tourne précisément autour de cette tension. Plusieurs publications queer, dont EveryQueer et QueerHorrorMovies, parlent ouvertement d'un film sapphique, en raison de la centralité de la relation entre Mother Mary et Sam, de sa charge érotique et émotionnelle, de la mise à l'écart symbolique des personnages masculins. À l'inverse, certains critiques regrettent que Lowery ne nomme jamais frontalement le désir lesbien et le cantonne à la métaphore mariale.
Cette ambiguïté n'est pas neutre. Elle s'inscrit dans une longue tradition cinématographique où l'amour entre femmes est filmé, suggéré, suffoqué, sans jamais recevoir le statut narratif d'une romance assumée. Pour le public lesbien francophone, Mother Mary rejoint la lignée problématique mais fascinante de Bound (1996), Carol (2015) ou Portrait de la jeune fille en feu (2019), tout en empruntant la grammaire visuelle des thrillers psychologiques d'A24.
Le casting et la fiche technique
- Réalisation et scénario : David Lowery
- Production : A24
- Mother Mary : Anne Hathaway
- Sam Anselm : Michaela Coel
- Casting principal : Hunter Schafer, Kaia Gerber, Jessica Brown Findlay, Alba Baptista, Sian Clifford, Atheena Frizzell, Isaura Barbé-Brown, FKA Twigs
- Musique du film : Daniel Hart
- Chansons originales : Jack Antonoff, Charli XCX
- Genre : drame psychologique, thriller, musical
- Durée : 1 h 56
- Sortie limitée États-Unis : 17 avril 2026
- Sortie large États-Unis : 24 avril 2026
- Sortie France : non confirmée à ce jour
Que disent les critiques internationales ?
Le score Rotten Tomatoes s'établit à 67 % sur 111 critiques répertoriées au 26 avril 2026, qualifiant le film de « modish psychodrama », un drame psychologique stylisé, parfois opaque mais visuellement abouti. Indiewire évoque un Lowery « plus baroque que jamais ». Deadline met en avant la performance d'Anne Hathaway, « parfaitement crédible en pop star ».
Du côté queer, EveryQueer titre carrément que Mother Mary sera « le film sapphique dont tout le monde va parler ». QueerHorrorMovies parle d'un « mélodrame pop sapphique ». La presse francophone, plus discrète à ce stade, attend la sortie hexagonale pour se positionner. Les Inrocks et Têtu ont publié de premières recensions à partir du visionnage festival.
Un débat sur la chair et la métaphore
L'un des reproches récurrents formulés par la critique queer porte sur le refus du film de nommer franchement le désir entre Mother Mary et Sam. Pour QueerHorrorMovies, le film « tourne autour du désir sapphique sans jamais s'y poser ». À l'inverse, Xtra Magazine défend cette ambivalence, considérant qu'elle reflète fidèlement l'expérience de nombreuses femmes lesbiennes ayant vécu une intimité non identifiée comme telle dans les premières années de leur trajectoire amoureuse.
Le débat n'est pas anodin. Il rejoint celui qui agite la critique cinéphile depuis vingt ans à propos de la représentation lesbienne au cinéma. Faut-il nommer pour exister ? Ou la pudeur narrative protège-t-elle l'authenticité du sentiment ? Lowery, par son refus de trancher, rejoint Sofia Coppola ou Céline Sciamma dans la catégorie des cinéastes qui filment la pulsion sans verbaliser sa nature.
Les chansons originales : un événement musical en soi
L'album Mother Mary: Greatest Hits propose sept titres originaux, tous interprétés par Anne Hathaway elle-même. La direction artistique a confié l'écriture à deux des auteurs les plus actifs de la pop contemporaine : Jack Antonoff (collaborateur de Taylor Swift, Lana Del Rey, Lorde) et Charli XCX (autrice du phénomène Brat). Cette association inhabituelle assure une signature pop à la fois mainstream et avant-gardiste.
Plusieurs des morceaux sont devenus, dès la première semaine d'exploitation, des objets de discussion sur les réseaux sociaux queer, notamment Twitter/X et TikTok. Une fanbase active s'est constituée autour des paroles, scrutées comme des indices narratifs sur la relation entre Mother Mary et Sam.
Un film qui s'inscrit dans une saison sapphique chargée
La sortie de Mother Mary intervient dans une fenêtre cinématographique exceptionnellement riche pour le public lesbien international. Avant lui, Forbidden Fruits de Meredith Alloway, sorti le 27 mars 2026, a installé une autre forme de sapphisme, plus revendiqué et frontal. The Chronology of Water de Kristen Stewart, en salles également, déploie une autre grammaire saphique. Les sorties saphiques 2026 dessinent ainsi une saison riche que Lesbia Magazine documente régulièrement dans son panorama des sorties lesbiennes et sapphiques de 2026.
Pour la communauté lesbienne francophone, l'enjeu sera la disponibilité hexagonale. À ce jour, aucun distributeur français n'a annoncé d'acquisition. Une sortie limitée parisienne ou un passage par Mubi, Le Cinéma Club ou ARTE Cinema reste possible. Les festivals queer internationaux comme Chéries-Chéris ou le Pink Screens à Bruxelles pourraient programmer le film à l'automne 2026.
Lowery, un cinéaste familier de l'invisible
David Lowery n'est pas un nouveau venu dans le cinéma psychologique. Auteur de A Ghost Story (2017), The Green Knight (2021) et Peter Pan & Wendy (2023), il est connu pour son goût des récits qui filment l'absence, la disparition, la trace. Mother Mary prolonge cette obsession en la transposant dans l'univers de la célébrité pop. Lowery a déclaré dans la presse texane (Texas Standard) avoir travaillé sur le scénario pendant plusieurs années, en quête d'une grammaire visuelle adaptée à un récit musical.
La direction photo, signée Andrew Droz Palermo, et la direction artistique évoquent autant les pochettes de disques de Lana Del Rey ou Mitski que la peinture mariale italienne. Cette double inspiration nourrit l'ambiguïté générique du film, entre clip pop, méditation spirituelle et thriller introspectif.
La bande annonce
Où voir Mother Mary et écouter sa bande originale ?
Le film est en salles aux États-Unis depuis le 17 avril 2026. Aucun distributeur français n'a confirmé de date à ce jour. La bande originale, en revanche, est disponible mondialement.
Une saison cinéma à l'image des bouleversements culturels en cours
La sortie de Mother Mary coïncide avec la Semaine des Visibilités Lesbiennes 2026, dont le mot d'ordre est cette année la santé mentale et le bien-être. Le récit lowerien d'une amitié-passion détruite par le silence et reformée trop tard fait écho, sans calcul, à cette thématique. Les liaisons sapphiques non dites, prolongées dans le déni puis réveillées par la rencontre, font partie des trajectoires biographiques fréquemment documentées par les associations féministes lesbiennes.
Le film ouvre indirectement la voie à un débat plus large : qu'est-ce qu'une représentation lesbienne légitime au cinéma en 2026 ? Faut-il nommer pour valoriser ? Ou faut-il accepter que la pudeur cinématographique reflète une part de l'expérience vécue ? Sans trancher, Mother Mary alimente précisément cette question.
Questions fréquentes sur Mother Mary
Quand sort Mother Mary aux États-Unis ?
Mother Mary est sorti en salles limitées le 17 avril 2026 et en sortie large le 24 avril 2026, distribué par A24.
Mother Mary sort-il en France ?
À ce jour, aucun distributeur français n'a annoncé de date de sortie en salles ni de plateforme de streaming pour le territoire français. Une sortie via festival, Mubi ou ARTE Cinema reste plausible à l'automne 2026.
Mother Mary est-il un film lesbien ?
Le film n'est pas explicitement étiqueté comme lesbien par A24, mais la presse queer internationale le qualifie de drame sapphique en raison de la centralité de la relation entre Mother Mary et Sam Anselm. Le désir entre les deux femmes est filmé sans être nommé.
Qui interprète les chansons d'Anne Hathaway dans Mother Mary ?
Anne Hathaway interprète elle-même les sept chansons originales du film. L'écriture est confiée à Jack Antonoff et Charli XCX, et la composition à Daniel Hart. L'album Mother Mary: Greatest Hits est sorti le 17 avril 2026 chez A24 Music.
Qui réalise Mother Mary ?
Le film est écrit et réalisé par David Lowery, auteur de A Ghost Story, The Green Knight et Peter Pan & Wendy.
Quel est le score critique de Mother Mary ?
Le film affiche 67 % d'avis positifs sur Rotten Tomatoes (111 critiques recensées au 26 avril 2026). La critique queer est globalement plus enthousiaste, parlant d'un mélodrame pop sapphique.
Note de la rédaction
★★★★☆ (4 / 5)
Drame psycho-sapphique d'une beauté formelle indéniable, Mother Mary filme une amitié-passion entre deux femmes avec une délicatesse rare, même si son refus de nommer frontalement le désir frustrera une partie du public lesbien militant. Le tandem Hathaway-Coel justifie à lui seul le détour, et la bande originale signée Antonoff-Charli XCX prolonge l'expérience bien au-delà de la salle de projection.
Sources
Wikipedia - Mother Mary (2026 film)
A24 - Page officielle Mother Mary
Indiewire - Mother Mary Review
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