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| Audrey | Chroniques lesbiennes

The Lady in Red : romance lesbienne historique à Auschwitz, amour interdit et mémoire LGBTQ+

(Temps de lecture: 3 - 6 minutes)

The Lady in Red romance lesbienne historique Auschwitz Eva et Juliet

The Lady in Red s’inscrit dans cette catégorie rare de romans lesbiens historiques qui osent regarder l’Histoire en face, sans l’édulcorer ni la détourner. Situé à Auschwitz en 1943, le roman de Kyrian Malone explore une romance interdite entre deux femmes que tout oppose : Eva Hoffmann, épouse d’un officier SS, et Juliet Blumstein, prisonnière juive américaine. À travers cette histoire d’amour fragile et dangereuse, le texte interroge la culpabilité, la responsabilité individuelle, la survie émotionnelle et la place des femmes lesbiennes dans l’une des périodes les plus sombres du XXe siècle.

Sommaire

Une romance lesbienne historique dans un contexte extrême

La romance lesbienne historique est un genre exigeant, car elle impose une double rigueur : émotionnelle et historique. The Lady in Red ne cherche jamais à embellir le cadre dans lequel il s’inscrit. Auschwitz n’est pas un simple décor dramatique, mais un système de destruction méthodique, omniprésent, qui conditionne chaque geste, chaque silence, chaque regard échangé entre Eva et Juliet.

Le roman rappelle une réalité souvent invisibilisée : les femmes lesbiennes ont existé dans les camps, comme prisonnières, comme épouses de dignitaires, comme résistantes silencieuses, et leurs trajectoires ont été effacées des récits dominants. Ici, l’amour ne devient jamais un refuge confortable, mais une tension permanente entre humanité et effondrement moral.

Avis de lectrices : un roman lesbien bouleversant et marquant

Les retours de lectrices convergent sur un point essentiel : The Lady in Red laisse une empreinte durable. Beaucoup évoquent un roman difficile, parfois éprouvant, mais profondément nécessaire.

Plusieurs lectrices parlent d’un texte "émouvant", "captivant", capable de "chambouler intérieurement". L’émotion ressentie ne vient pas d’un pathos forcé, mais d’une écriture pudique qui laisse la place au non-dit, aux regards, à la peur d’aimer dans un monde où aimer est déjà une faute.

La relation entre Eva et Juliet est décrite comme fragile, interdite, parfois frustrante pour certaines lectrices qui auraient souhaité plus d’intensité explicite. Ce choix narratif est pourtant cohérent avec le contexte historique : dans un camp de concentration, l’intimité est un luxe dangereux, et l’attachement devient une prise de risque vitale.

Entre polémique et légitimité littéraire

La sortie de The Lady in Red a suscité une polémique, notamment autour de sa couverture d’origine. Plusieurs lectrices rappellent pourtant une évidence historique : représenter le mal ne revient pas à le glorifier. Le roman ne romantise jamais le nazisme ni les camps, et cette précision est clairement posée dès l’avertissement aux lecteurs.

Ce débat souligne un malaise plus large : la difficulté persistante à accepter des récits LGBTQ+ dans des contextes historiques violents, comme si les personnes lesbiennes n’avaient pas existé dans ces périodes, ou comme si leur présence dérangeait la mémoire collective.

Femmes lesbiennes et homosexualité dans les camps nazis : réalités historiques

Contrairement à une idée reçue, l’homosexualité féminine n’a pas été totalement ignorée par le régime nazi. Si le paragraphe 175 ciblait principalement les hommes gays, les femmes lesbiennes ont également été persécutées, surveillées, internées, notamment lorsqu’elles refusaient les normes de genre ou adoptaient des comportements jugés "déviants".

Des témoignages et recherches historiques montrent que certaines femmes ont été arrêtées pour asocialité, comportement immoral ou refus de maternité, des accusations qui recouvraient parfois des réalités lesbiennes. Dans les camps, les relations affectives entre femmes existaient, souvent comme mécanisme de survie psychologique, même si elles exposaient à des sanctions sévères.

Le roman s’inscrit dans cette zone grise de l’Histoire, rarement explorée en fiction, où l’amour entre femmes n’est ni héroïsé ni sexualisé, mais présenté comme un acte de résistance intime face à la déshumanisation.

Une écriture marquée par la recherche et la retenue

De nombreuses lectrices soulignent le travail documentaire de Kyrian Malone. Les descriptions du camp, des hiérarchies, des odeurs, du froid, des routines imposées, témoignent d’une recherche sérieuse et respectueuse. L’autrice ne cherche jamais le spectaculaire gratuit.

La retenue stylistique est l’un des points forts du roman. Là où un excès d’effets aurait pu affaiblir le propos, le texte choisit la sobriété. Les émotions circulent à travers des détails précis : une main qui hésite, un regard soutenu trop longtemps, une décision prise sous contrainte.

Une romance lesbienne comme acte de survie

Dans The Lady in Red, aimer n’est pas une échappatoire. C’est un danger. Pour Juliet, être aimée par l’épouse d’un officier SS est à la fois une protection et une menace. Pour Eva, aimer une prisonnière juive revient à fissurer tout un système idéologique qu’elle a longtemps accepté par confort, par aveuglement ou par peur.

Cette dynamique fait du roman bien plus qu’une simple romance lesbienne historique. Il s’agit d’un récit sur la responsabilité individuelle, sur la possibilité ou non de se racheter, et sur ce que signifie rester humaine dans un monde bâti sur la négation de l’humanité.

Pourquoi The Lady in Red s’impose comme une référence lesbienne historique

Ce roman s’adresse à des lectrices averties, conscientes du poids de l’Histoire, et désireuses de lire des récits lesbiennes qui ne se limitent pas à des histoires d’amour consensuelles et sécurisées. Il s’inscrit dans une littérature queer adulte, exigeante, qui refuse le confort narratif.

À ce titre, The Lady in Red trouve naturellement sa place aux côtés de romans et témoignages qui interrogent la mémoire LGBTQ+ dans les contextes de guerre et de persécution, sans jamais effacer la violence structurelle de ces périodes.

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FAQ - Romance lesbienne et Seconde Guerre mondiale

Les lesbiennes ont-elles existé dans les camps de concentration ?

Oui. Même si elles ont été moins documentées que les hommes homosexuels, des femmes lesbiennes ont été internées, surveillées ou contraintes au silence. Leur histoire commence seulement à être étudiée et reconnue.

Le roman romantise-t-il l’Holocauste ?

Non. Le texte insiste sur la violence systémique du camp et rappelle explicitement qu’il ne s’agit jamais de minimiser les crimes nazis, mais de raconter une histoire humaine dans un cadre historique précis.

Sources et repères historiques

United States Holocaust Memorial Museum - Lesbians under Nazi Rule
JSTOR - Female homosexuality and National Socialism
Mémorial de la Shoah - archives et recherches historiques

Mise à jour : 1 février 2026

Audrey


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