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| Stéphanie | Actualités lesbiennes

La passion amoureuse chez les lesbiennes : comprendre l’intensité émotionnelle

(Temps de lecture: 3 - 6 minutes)

Image tirée du film "La jeune fille en feu"

Cet article ne cherche pas à définir l’amour lesbien dans sa globalité, mais à analyser un phénomène particulier : la passion amoureuse entre femmes, ses mécanismes émotionnels, ses risques et ses possibles transformations.

Qui n’a pas connu au moins une fois dans sa vie une relation passionnelle ? Qu’est ce qui nous rend ainsi accro quasiment dès les premiers instants avec cette autre que l’on ne connaît pas encore ? Certains l’appellent coup de foudre, d’autres l’évidence, d’autres encore la magie. Une chose est certaine, l’adage « L’amour a ses raisons que la raison ne connaît pas » n’a jamais été aussi vrai que dans une relation passionnelle. Il me semble que c’est d’autant plus vrai et courant dans l’homosexualité. Pourtant, rares sont les fois où une relation de ce type devient pérenne, certaines peuvent même être extrêmement dangereuses. À l’image de Roméo et Juliette ou de 37.2 le matin, la passion peut mener dans un précipice où il y a tout intérêt à savoir voler si l’on ne veut pas finir sous terre.

Sommaire

Le coup de foudre lesbien

La passion amoureuse, c’est magnétique, ça emporte, c’est plus fort que nous, ça y est, on le sait d’avance : « je suis foutue ». Avec elle, on a envie de faire tomber les barrières, on se sent portée par une énergie nouvelle, une force qui nous pousse vers un mieux vivre. C’est elle. C’est grâce à elle. Cette femme. Cette rencontre. Voici certainement la première de toutes les erreurs à éviter absolument : croire que c’est elle la raison de tout ce bonheur. L’état amoureux a le don d’inhiber la partie du cerveau qui raisonne et alors on devient déraisonnable. C’est parti pour un tour de manège.

Départ tout beau tout neuf

Ça y est, on baigne dans l’état fusionnel, on est au septième ciel. C’est la grande éclate. Des soirées qui passent à la vitesse de l’éclair à se raconter, se regarder, se goûter. Des attentes de se revoir qui s’étirent dans une lenteur incroyable. Le temps n’a plus vraiment de sens, et on aimerait pouvoir le maîtriser, l’arrêter ou l’accélérer. On se balade avec le téléphone à portée de main et on se surprend à sourire bêtement dans la rue en pensant aux derniers moments passés avec notre autre. On s’émerveille d’un rien, les ennuis deviennent moins encombrants. On rayonne, et on nous le dit. Même notre chef de service, qui habituellement a le don de nous mettre les nerfs en pelote, nous donnerait presque envie de lui faire une franche accolade. Tout devient beau, c’est le paradis sur terre. Oui, oui. Je confirme : on est bel et bien foutue.
Ce moment divin va rester gravé dans nos mémoires. Il est le point central et névralgique de la passion amoureuse, celui que l’on voudra retrouver encore et encore… mais que, pourtant, nous allons fatalement perdre.

La différence, celle que l’on ne veut pas voir

On y est. L’autre diffère. Là où l’on croyait avoir trouvé notre double, on constate que non, pas tout à fait. À cette étape du couple, deux solutions : on s’adapte et on fait avec, on apprend à aimer ces différences, ou bien on refuse de les voir, on se voile la face. C’est ici que l’on peut passer de l’état amoureux à l’amour, ou de l’état amoureux à la passion. Aimer, c’est faire avec les différences de l’autre, les respecter, et cesser aussi de vouloir plaire à tout prix pour retrouver l’état fusionnel des débuts. L’idéal vient alors se confronter à la réalité.

Le danger de la passion lesbienne

Le danger de la passion est qu’elle produit une forte dépendance. L’illusion consiste à croire que l’autre est la source même de notre bonheur, puisque c’est à travers elle que nous avons connu l’extase et que nous continuons à la goûter. Lorsque l’autre s’éloigne ou disparaît, le vide peut devenir abyssal. Des choix ont été faits par peur de perdre, des renoncements personnels, sociaux ou professionnels. Or la peur de perdre l’autre entraîne souvent, paradoxalement, sa perte.

La passion peut être une étape dans une relation, mais elle ne se confond pas avec un amour lesbien durable, qui repose sur d’autres équilibres émotionnels.

La passion amoureuse lesbienne peut-elle se transformer en relation d’amour ?

Oui, à condition que les deux femmes aient conscience du travail personnel à mener et acceptent de communiquer, de composer avec les différences de l’autre. Ces différences, souvent douloureuses, réveillent des blessures anciennes, mais peuvent aussi devenir un terrain de croissance mutuelle. À l’image du chaud et du froid, les polarités opposées peuvent créer un équilibre, à condition que chacune accepte de se transformer sans se renier.

Amour inconditionnel et idéal lesbien

Tout individu rêve d’aimer et d’être aimé de façon inconditionnelle. Mais l’amour inconditionnel ne doit pas être confondu avec l’idéal. L’idéal répond à des manques, l’amour véritable commence par le respect de soi. L’idéal induit souvent des comportements de contrôle, de culpabilisation ou d’emprise, là où l’amour suppose la responsabilité émotionnelle et la liberté.

La relation passionnelle réveille nos blessures profondes, mais elle peut aussi devenir un révélateur. Elle n’est ni bonne ni mauvaise en soi. Elle est une traversée. Un voyage parfois dangereux, parfois salutaire, toujours exigeant.

Et vous ? Comment avez-vous vécu la passion amoureuse ? S’est-elle transformée en relation d’amour saine et respectueuse ? Si oui, qu’avez-vous mis en œuvre pour y parvenir, ou avez-vous choisi d’y renoncer ?

Mise à jour : 23 décembre 2025
Cela dépend
3 years ago
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Aucune relation amoureuse ne vaut peine d'être vécue si elle n'est pas passionnelle. Peu importe la toxicité, la passion nous permet de grandir, de nous confronter non pas à l'autre mais à nous même, à nos émotions et à nos sentiments. Les amourettes, sans passion, sont éphémères. La passion s'apprivoise avec le temps, elle enseigne la temparence, la remise en question, l'empathie et surtout a voir au-delà de l'ego. Elle est la base d'une relation qui dure dans le temps pour vivre l'amour avec un grand A.
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Stéphanie


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